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 Les différentes langues des billets de banque     [mis en ligne le : 05/11/2006]
Les pièces et les billets de banque sont plus qu'un moyen de paiement. Ils sont aussi le symbole de la culture et de l'image que le pays souhaite donner de lui-même, et la langue qui y figure est souvent dépendante des conditions politiques et religieuses.

Les légendes et les inscriptions figurant sur les pièces et les billets de banque nous révèlent souvent des éléments de l'histoire du pays. La langue dans laquelle les légendes sont écrites n'est pas obligatoirement celle couramment utilisée. Le choix d'un autre idiome est souvent le fait de conditions politiques ou religieuses spécifiques. Sur les moyens de paiement, il n'est pas rare de trouver une langue qui n'est pas ou plus parlée par la plupart des utilisateurs habituels de la monnaie. Ce peut être celle de la classe supérieure éduquée ou celle de dirigeants étrangers ayant conquis le pays.
Il peut aussi s'agir d'une langue utilisée uniquement dans la vie religieuse, et non économique, telles que le latin, l'hébreu ou l'arabe classique. Depuis la fondation d'États nationaux, aux XIXe et XXe siècles, l'idiome utilisé sur les pièces et les billets est, généralement, la langue officielle du pays, c'est-à-dire la langue nationale. Cela afin de répondre à des préoccupations nationalistes : parler une langue commune doit encourager le sentiment culturel, et donc politique, d'appartenance à une même communauté et souligner l'indépendance du pays. Dans les pays multiculturels, la langue nationale doit servir à l'intégration et à l'union des différentes populations.

LA LANGUE SACRÉE DE L'ISLAM
Billet YemenDans le passé, les dirigeants, aussi bien religieux que laïques, utilisaient un idiome sacré ou une langue parlée seulement à la cour par les élites, ce afin d'affirmer la supériorité de leur pouvoir sur l'ensemble de leurs territoires. En l'espace de soixante ans à peine, après la mort de Mahomet, le calife Abd al-Malik réussit à fonder un empire islamique et fit frapper, en 696, des monnaies islamiques dont les légendes étaient toutes en arabe. Pour des raisons religieuses progressivement suivies par un nombre de plus en plus important de croyants, les représentations humaines et animales disparurent des pièces, et l'écriture arabe en devint bientôt le seul élément ornemental. Elle était en effet considérée comme sacrée, car, selon la tradition, c'est en arabe qu'Allah avait délivré son message au prophète Mahomet. À l'époque romaine, avec l'extension de l'Empire romain dans le monde antique, les monnaies de Rome furent bientôt présentes dans toutes les régions conquises. Elles contribuèrent au développement du latin à partir duquel se développèrent les langues romanes, telles que l'espagnol, l'italien, le français ou le roumain.

DES NOMS CELTIQUES EN CARACTÈRES LATINS
C'est sur des pièces ayant eu cours dans le sud de l'Angleterre entre le 1er siècle avant J.-C. et le 1er siècle après J.-C., donc bien avant la conquête romaine (431 après J.-C.), que l'on trouve pour la première fois des noms de rois celtiques ayant régné en Bretagne. À l'origine, le celte s'écrivait avec un alphabet en usage dans la Gaule celtique, mais on constate que, des dizaines d'années avant l'invasion romaine, les légendes figurant sur les monnaies celtiques étaient déjà écrites en caractères latins.

LA LANGUE JUDAÏQUE CONTRE LES ROMAINS
Les pièces de monnaie ont joué un rôle important dans l'histoire du peuple juif et de la Terre sainte. Lors des deux soulèvements contre les Romains (66-70 et 132-135), les juifs émirent des pièces d'argent et de bronze portant des légendes destinées à encourager le combat, telles que «Jérusalem la Sainte» ou Billet Israel«Liberté Sion». Elles étaient libellées en hébreu, qui, à l'époque, n'était pas un idiome parlé, le peuple parlant alors l'araméen, mais la langue utilisée pour les cérémonies religieuses. Les monnaies de la seconde insurrection étaient des pièces romaines, sur lesquelles on frappait de nouvelles inscriptions. On voulait ainsi effacer toute trace de la prédominance romaine en Palestine, symbolisée par le portrait de l'empereur romain et les légendes en latin. Sur les monnaies actuelles de l'État d'Israël, les légendes sont rédigées en hébreu, en arabe et en anglais, eu égard aux origines multiples des habitants. Bien longtemps après l'effondrement de l'Empire romain, les dirigeants européens continuèrent à employer le latin pour les légendes de leurs monnaies. Selon le modèle romain, ils faisaient graver leur nom et leur titre en latin afin d'accroître leur prestige. En Europe, le latin, demeuré longtemps la langue des puissants et de l'Église, fut aussi utilisé pour les communications écrites en dehors des frontières.

Billet CambodgeDES BILLETS POLYGLOTTES
Dans l'Europe d'avant l'€uro, c'est la langue vernaculaire de chaque pays qui figure sur les pièces et les billets. Ainsi, par exemple, les pièces néerlandaises sont illustrees du portrait de la reine. Les légendes sont en hollandais et on a renoncé à mentionner son titre ou ses abréviations en latin afin d'éviter toute confusion. Certains billets de banque ont, eux, un passé plurilingue. Durant l'époque du colonialisme européen, notamment aux XIXe et XXe siècles, les autorités coloniales imprimaient souvent du papier-monnaie légendé dans la langue du pays occupé, à condition, bien entendu, qu'il s'agisse d'une langue écrite, telles que le chinois ou l'arabe. Parallèlement, les billets étaient écrits en anglais, en allemand, en hollandais ou en français. En effet, au moins quand il s'agissait d'argent, les dominants et les dominés devaient se comprendre.

Ce billet indien de 5 roupies est imprimé en 15 langues.L'INFLUENCE DE L'EUROPE
Dans les pays composés de nombreux groupes ethniques, comme l'Inde, les légendes figurant sur les billets sont libellées en plusieurs langues afin d'en faciliter la circulation dans l'ensemble du pays. Le papier-monnaie éthiopien émis dans les années trente était écrit en amharique, en anglais et en français. Contrairement aux autres pays africains, l'Éthiopie était indépendante, mais l'influence des puissances coloniales européennes était si écrasante qu'il fallait utiliser les légendes pour les langues étrangères.

UNE SÉRIE BABYLONIENNE DE BILLETS RUSSES
Le même phénomène eut lieu en Chine. Sous la dynastie mandchoue, les marchands européens avaient pris une grande importance. Les banques telles que la Hongkong and Shanghai Banking Corp. émettaient des billets en Chine, à Hongkong et dans d'autres pays de l'Asie orientale et y faisaient figurer des légendes en anglais et en chinois. Une série mise en circulation en 1918 en Union soviétique fut une véritable édition internationale. Ainsi, reprenant l'appel du parti communiste à la solidarité internationale, les billets portaient au droit le slogan : «Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !» écrit en sept langues. En raison de leur légende plurilingue, ces billets furent surnommés «billets babyloniens».

LANGUES MORTES
Certaines inscriptions figurant sur des monnaies antiques sont demeurées mystérieuses jusqu'à nos jours, car elles proviennent de langues depuis longtemps oubliées, comme l'osque. Cette langue était parlée par un peuple du même nom, habitant le sud de l'Italie, qui fut soumis par les Romains au 1er siècle avant J.-C. Durant la guerre, les Osques, qui écrivaient de droite à gauche, frappèrent leur propre monnaie avec le mot «Italie» gravé dans leur langue : Viteliu. Au XIXe siècle, James Prinsep déchiffra, à l'aide de monnaies bilingues, l'écriture kharosti, écriture administrative utilisée dans le nord-ouest de l'Inde jusqu'au IVe siècle. Au IIe siècle, les rois grecs de Bactriane firent frapper des monnaies dont les légendes étaient inscrites en grec, mais aussi en kharosti, ce qui permit de mieux appréhender l'évolution de cette ancienne langue indienne.

(c) Éditions Atlas (textes uniquement)

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